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Croix
PRO VITA

OU LE COMBAT D'UN PRETRE ORTHODOXE ROUMAIN POUR LA VIE

Lettre N°9 / été 2004

Credinta ilustrata

Sommaire :

Titre avec Croix

Et comment va « PRO VITA » ?

Je suis allé en Roumanie, auprès de père Nicolae, durant la seconde quinzaine de juin et je peux vous transmettre que « PRO VITA » va très bien.

Tout avance positivement, tant en ce qui concerne les constructions et autres projets que l’encadrement humain de l’œuvre.

Jusqu’à présent, père Nicolae devait assurer le service de sa paroisse de Valea Plopului, en bonne partie le service de la paroisse de Valea Screzii et bien sûr celui de « PRO VITA » et encore bien d’autres choses …

Désormais, un jeune prêtre, le père Lorensio, assure le service de la paroisse de Valea Screzii. Un autre jeune prêtre, le père Cristian, a été nommé par le Patriarche pour le service exclusif du centre PRO VITA, près de Valea Screzii. Enfin, il a été accordé au père Nicolae un diacre, le père Gheorghe, également assistant social, pour le service de la paroisse de Valea Plopului et PRO VITA. Père Gheorghe assure donc un service social quotidien auprès des jeunes femmes et enfants accueillis dans les divers lieux d’accueil de l’association. Ces jeunes clercs partagent tout à fait l’esprit de père Nicolae et de PRO VITA, ce qui leur permet de constituer une équipe homogène et efficace. Avec eux les fidèles, présents depuis des années et qui persévèrent dans le service du pauvre, forment un groupe qui s’élargit et se consolide.

Quant aux constructions, elles avancent bien, une quinzaine de maisons sont en cours de construction. Durant mon séjour, j’ai participé à l’inauguration de l’une d’entre elles, sponsorisée en partie par la TV roumaine, pouvant accueillir 22 mamans et 19 bébés. Une autre maison achevée, sponsorisée par une association tyrolienne, sera inaugurée en juillet 2004. Selon la volonté des donateurs, elle a une capacité d’accueil de 8 femmes avec leurs enfants, chacune ayant leur chambre.

Je reviendrai sur ces maisons dans le n°10 de PRO VITA, prévu pour le début de l’hiver 2004.

Le projet de ferme avance aussi. Père Nicolae a pu faire l’acquisition de 140000 m² de terrain, dont 90000 de forêt. Ce dernier aspect est très important. En effet, l’exploitation de la forêt permet de fournir à l’association le bois nécessaire aux constructions et surtout fournir du bois de chauffe pour le rude hiver. C’était un vieux rêve de père Nicolae et enfin il se réalise. Par ailleurs, un second bâtiment de ferme est en construction.

Enfin, j’ai pu constater que l’œuvre PRO VITA trouvait des coopérateurs dans d’autres villes de Roumanie, GALATI par exemple, près du Danube, étant soutenue par des prêtres et personnes très motivés, comme le père Marian TOCU qui a lui-même adopté deux orphelins alors qu’il avait déjà 3 enfants. Je reviendrai également dans le n°10 de PRO VITA sur cet aspect de l’évolution de PRO VITA.

Je suis allé en Roumanie, auprès de père Nicolae, durant la seconde quinzaine de juin et je peux vous transmettre que « PRO VITA » va très bien.

J’ai encore pu constater l’ouverture et le rayonnement de PRO VITA. Par exemple, père Nicolae est en relation avec une association française d’AGEN, « SAUVEGARDE », qui envoie des jeunes filles en difficulté pour des séjours de 3 à 6 mois à Valea Plopului, le service des enfants en difficulté les aidant à sortir de leurs propres difficultés.

Vingt cinq jeunes roumains étaient également en stage pour 15 jours à PRO VITA. Ce sont des jeunes étudiants en « Théologie et Travail Social » qui viennent dans le cadre de leurs études.

Tout ceci se réalise grâce à votre participation et père Nicolae m’a demandé à plusieurs reprises de vous transmettre ses remerciements très sincères ; Lui et ses enfants de PRO VITA vous portent tous dans leur prière fidèle.

Merci à tous et à toutes,
 Père Philippe


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Assemblée Générale de l’A.O.F.F.R. du 07.12.2003


Les membres de l’association présents à cette A.G. se sont réjouit de la progression du nombres des adhérents et donateurs, des dons et des initiatives de toutes sortes destinées à aider l’œuvre de père Nicolae TANASE.


Nous constatons que s’intéressent désormais à nous des donateurs importants, nous constatons également la fidélité, depuis des années, de personnes et associations.


Cette année nous avons accueilli en France deux étudiantes en lettres de Sibiu, avec lesquelles nous sommes en relations.


Le président de l’A.O.F.F.R., son Eminence le Métropolite JOSEPH a donné accord pour l’achat d’une « Maison commune » à Valea Plopului, la Maison Franco-Roumaine, qui verra le jour si des dons spécifiques arrivent pour sa construction ou son achat. Le but est de favoriser la venue, le séjour des français à Valea Plopului, pour des vacances, ou des séjours plus longs dans le but d’aider l’œuvre de père Nicolae, favoriser la FRATERNITE entre français et roumains autour de PRO VITA.


A noter encore le passage, éclair, en France de père Nicolae accompagné de deux autres prêtres roumains, les pères Ioan et Marian, au mois d’août 2003.

L’association en chiffres :

Membres d’honneur : 11
Membres actifs : 87 dont 2 personnes morales
Membres bienfaiteurs : 24 dont 11 personnes morales
Donateurs : 66 dont 3 personnes morales


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BILAN FINANCIER
A.G. du 07.12.2003
- Juin 2002 à Juin 2003 -

  Solde au 30.06.2002 : 217 €
ENTREES Dons et cotisations : 23355 €
  Vente artisanale : 365 €
350 $ canadiens
  Remboursement gas-oil : 44 €
  Remboursement assurance auto : 167 €
  Transfert iconographe : 150 €
  Total : 24681 €
350 $ canadiens
     
SORTIES Dons et virements à PRO VITA : 21600 €
350 $ canadiens
  Accueil étudiantes 400 €
  Dons divers :
- Association jeunes roumains : 20 €
- Métropole Orthodoxe Roumaine : 100 €
- Imprimerie métropolitaine : 35 €
155 €
  Participation voyage en Roumanie : 307 €
  Entretien véhicule Roumanie : 145 €
  Transfert iconographe : 773 €
  Secrétariat :
- Poste : 337 €
- Photocopies : 293 €
- Photographies : 53 €
- Journal officiel : 27 €
- Tampon : 24 €
- Frais bancaires (virement) : 84 €
- Informatique / papeterie : 113 €
931 €
  Total : 24311 €
350 $ canadiens
     
  SOLDE : 587 €


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BILAN FINANCIER
tel qu’il sera présenté à la prochaine A.G.
- Juin 2003 à Juin 2004 -

  Solde au 30.06.2003 : 587 €
ENTREES Dons et cotisations : 24497 €
  Vente artisanale : 159 €
     
SORTIES Dons PRO VITA : 15900 €
  Don Association St. Côme : 12 €
  Accueil étudiantes roumaines : 233 €
  Participation voyage : 527 €
  Secrétariat :
- Poste : 366 €
- Secrétariat : 99 €
- Réparation fax : 66 €
- Frais bancaires : 24 €
- Téléphone : 61 €
- Photocopies : 199 €
815 €
  Total : 17487 €
     
  SOLDE : 7756 €
versés depuis à PRO VITA


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Patriarcat de Roumanie

Patriarcat de Roumanie

L’assemblée plénière de l’Episcopat de l’Eglise Orthodoxe Roumaine, réunie à Bucarest sous la présidence du patriarche Teoctist, du 10 au 12 février 2004, s’est vivement élevée contre le développement de l’adoption d’enfants roumains par des étrangers :

« L’assemblée de l’Episcopat n’accepte pas le principe même et, de fait, elle n’encourage pas cette pratique, dans la mesure où elle estime que la Roumanie n’est pas un pays pauvre au point de ne pas être capable de nourrir et d’élever ses propres enfants ».

L’Episcopat encourage les familles des croyants, et particulièrement celles du clergé, à adopter les enfants abandonnés plutôt que de les laisser partir dans des familles d’accueil à l’étranger.

C’est exactement ce que fait père Nicolae depuis 15 ans : l’accueil des enfants abandonnés ou orphelins dans des familles. Lui-même a accueilli durant des années un petit Rafaël (repris depuis par sa maman) alors qu’il est déjà père de cinq enfants.


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~ Témoignage ~

demandé à Mike MALLARD de TORONTO (Ontario) au CANADA. Mike fréquente la mission St. Jean le Miséricordieux fondée par le prêtre orthodoxe Roberto UBERTINO (cf. PRO VITA n°8)

Mike Mallard a une affection spéciale pour la mission St John the Compassionate, une mission dans un quartier pauvre de Toronto. Il a aussi une vision concernant les enfants. Quand il a entendu parler des conditions de vie des enfants de Roumanie, il s’est longuement demandé quoi faire pour les aider. Ceux qui viennent à la Mission ne sont pas fortunés en aucune façon, mais à chaque premier mercredi du mois (la semaine du chèque de pension), Mike encourage chacun à donner 2 $. Les deniers de la veuve ont eu de l’importance aux yeux de Jésus, et les sous ramassés à la Mission en ont aussi. Merci, Mike !
(écrit par Heather)

Je m’appelle Michael Millard. Je suis invalide. Je me suis fait mal au dos en décembre 1993. J’ai alors perdu mon emploi parce que je ne pouvait pas travailler. Ma femme et moi sommes séparés. J’ai été opéré pour mon dos ; depuis, je reçois une pension pour mon invalidité.

Je vis dans une petite chambre avec le strict nécessaire : lit, commode, téléviseur, radio. C’est tout ce dont j’ai besoin dans la vie. Je vais à la Mission pour mes repas et pour rencontrer mes amis afin de savoir ce qu’ils font et pour m’assurer qu’ils sont bien au chaud. Je sais que nous sommes choyés au Canada ; nous avons les soins de santé gratuitement, nous avons la plomberie dans nos maisons, nous avons la radio sans frais et nous n’avons pas à payer pour la télé.

J’ai un petit surplus d’argent chaque mois que je veux donner aux enfants en Roumanie pour les aider à avoir des soins médicaux. Je reçois 960 $ chaque mois, mon loyer me coûte 250 $, il me reste donc 710 $. Je mange gratuitement à la Mission et je voudrais repayer St John’s pour ce qu’ils ont fait pour moi pendant toutes ces années. Je donne 100 $ par mois aux orphelins. Ça me donne le sentiment d’être utile et apprécié ; si vous n’êtes pas utile et apprécié, il n’y a pas de vie.

Je n’ai pas d’enfant à moi. Ma mère m’a toujours dit qu’elle aimerait une grande famille. De cette façon-ci, je peux avoir une grande famille sans avoir le casse-tête d’une centaine d’enfants ! Mon oncle a 20 petits-enfants, ma mère en a seulement deux. Ainsi, j’ai une famille par adoption. J’aimerais une photo de ces enfants.

Au début de chaque mois, nous demandons aux gens de St John’s de donner 2 $ ou ce qu’ils ont en trop. C’est seulement un petit montant pour nous, mais ça veut dire tellement pour eux.

Mike Millard
« le canard »
(on m’appelle « mallard » ; je marche comme un canard à cause de mon dos. C’est mon surnom.)

p.s. Mary a l’habitude de donner 25 cents à chaque vendredi.
(Mary mange régulièrement à St John’s.)



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Letca Noua

ICONES QUI PLEURENT

Letca Noua : l’endroit où il ne s’est rien passé ?

Article paru dans la revue « Credinta ilustrata », Bucarest, mars 2003, écrit par Razvan IONESCU
Traduit du roumain par Basile IORGULESCU

Le vendredi 8 novembre 2002, l’icône de la Mère de Dieu de l’église du village de Letca Noua, département de Giurgiu, s’est mise à pleurer. Derrière le caractère sensationnel d’une telle nouvelle, se cache toujours la géographie du lieu, avec ses habitants, avec leurs aspirations de tous les jours, mais surtout avec leur souhait ardent de comprendre le sens des signes qui nous viennent quelquefois d’en haut. Voici pourquoi CREDINTA ILUSTRATA (note du traducteur : littéralement « La Foi illustrée », titre d’une publication mensuelle paraissant en Roumanie) s’est déplacée à Letca Noua afin d’offrir à ses lecteurs une information aussi objective que possible sur ce qui s’est passé dans ce village situé à une distance de 45km de Bucarest, sur l’ancienne route qui reliait jadis la ville de Giurgiu à la Cité de Târgoviste (note du traducteur : ancienne capitale de la province médiévale de Valachie, abandonnée par Vlad Tepes – Dracula – pendant la 2-eme moitié du XV siècle , qui lui préférait Bucarest , plus proche des routes commerciales et du Danube).

Letca Noua

Apremière vue, Letca Noua ressemble à un village figé, qui n’a pas évolué depuis des siècles : les chaumières en argile cuite semblent sorties tout droit de la terre, un morceau de carton ou de plastique transparent à la place des fenêtres, des cours vides et inhospitalières et, ci et là, quelques maisons en brique.
Pourtant, Letca Noua a connu dans son passé des jours meilleurs. La silhouette harmonieuse de l’église du village témoigne, en effet, de la mansuétude des donateurs du siècle dernier. L’inscription, placée au dessus de l’entrée, mentionne qu’au mois de mai de l’an 1867, le métropolite Niphon (note du traducteur : Niphon, métropolite de Hongrovalachie, +1875) a érigé à ses frères, sur son terrain situé à Letca Noua cette église construite en mur de brique, qu’il a placée sous le vocale des Empereurs Constantin et Hélène et sous la protection du saint patriarche Niphon (note du traducteur : saint Niphon, patriarche de Constantinople, exilé par les Ottomans et puis métropolite de Hongrovalachie entre 1498-1504).
Soudain, la porte de l’église s’ouvre, mais j’entends derrière le rire de deux enfants qui jouent. J’écoute pendant un instant, tout en regardant les traces de leurs pas sur la neige. Quelle insouciance et quel privilège que de pouvoir encore jouer et s’amuser !
"Vous n’entrez pas ?" - me demande, à travers la porte restée ouverte, une femme corpulente, peau mate et bottes vertes en caoutchouc. J’entre, bien entendu. La femme ferme la porte et reprend sa place, au fond de l’église, à droite, là où l’on vend des cierges, en se levant de temps en temps pour maintenir la discipline, car l’église, portant la plaque d’immatriculation du département de Giurgiu.
La liturgie vient de se terminer. Un jeune prêtre sort de l’autel et se met à parler. Il est visiblement ému, mais choisit ses mots avec soin, en regardant tantôt à droite, vers les gens, tantôt à gauche, vers l’icône de la Sainte Vierge.
Je concentre mon attention dans cette même direction, en espérant saisir quelque chose de particulier, mais en vain. « J’ai été triste… » commence son discours le jeune prêtre, mais il s’arrête aussitôt , apparemment surpris par les paroles qu’il venait de prononcer. Il reprend son souffle, regarde encore une fois à droite, comme pour se persuader que c’était vrai, ensuite il continue : « En effet, j’ai été triste en arrivant ici pour la première fois, car nous ne sommes pas dignes… ». Sur ce, il promène son regard sur le plafond noirci, sur la peinture dégradée, en attirant notre attention sur le manque d’intérêt de la communauté envers Christ et envers sa maison.
Je me penche vers la femme aux bottes vertes et lui demande le nom du prêtre. « Je ne sais pas, il n’est pas d’ici », me réponde-t-elle. Il vient de Giurgiu, avec tous ces pèlerins. Vous n’avez pas vu les bus garés à l’extérieur ? Notre prêtre, Nicolae, est parti avec des affaires à Alexandria (note du traducteur : ville située sur le bord du Danube, à quelques dizaines de kilomètres de distance). Il n’était pas tranquille avant, mais maintenant, depuis les événements, il n’arrive même plus à fermer l’œil. Et nous non plus ». En entendant cela, j’ai un moment de panique, car si le père Nicolae est absent, à qui puis-je demander ce qui s’est passé à propos de l’icône de la Sainte Vierge ? Je confectionne un sourire charmeur et demande à mon interlocutrice de fortune : « Et vous… vous ne connaîtriez pas l’histoire de l’icône ? ». « Non, je ne la connais pas, car je n’étais pas là quand cela s’est passé ; je me trouvais à Ghimpati, chez ma sœur, qui était malade. Adressez-vous plutôt au président du conseil de la paroisse, père Mitica TUDORACHE, car il était présent, lui. Regardez-le, il est juste à côté de l’icône, car il ne la quitte plus depuis ». Me voici rassuré.
Entre temps, le jeune prêtre avait fini sa prédication, ses fidèles se prosternait l’un après l’autre devant l’icône de la Vierge et quittaient ensuite l’église pour se diriger vers les bus.
Mitica TUDORACHE, le président du conseil, me regarde un peu désemparé. « Comment vous dire ?… Un jour, quelqu’un, un habitant de la commune de Mereni, este venu regarder l’icône... Et il a essuyé les larmes de la Sainte Vierge avec une serviette… » « Et ?... » demandai-je. « Et… il est mort trois jours après. Accident de voiture. »
Je regarde l’icône et surtout les grands yeux de la Vierge.
"Il y a eu ensuite un autre problème. Là, c’était une femme. Comment vous dire ?... Elle était un peu…un peu… ivre. Je n’ai même pas eu le temps de m’apercevoir… Elle a sorti une petite serviette et a elle aussi essuyé les larmes de l’icône. L’instant d’après, le béret que cette femme portait sur sa tête a pris feu… "
Je regarde de nouveau les yeux de la Vierge. Cette fois-ci, le « gardien » me permet de m’approcher. C’est que j’avais été « averti ». Les traces des larmes se voient dans la lumière pale : elle coulent sur le visage de l’icône et parcourent ensuite les vêtements et le reste de l’icône.
Il n’y a plus maintenant dans l’église que la femme aux bottes vertes, le président du conseil et moi. Et encore un garçon, que je n’avais pas aperçu, dans un coin de l’église, sur un banc en bois. Il essaye de prononcer des sons et des paroles incompréhensibles pour moi. Devant mon étonnement, père Mitica précise : « Il est venu il y a environ un mois, avec sa mère, de Câmpulung (note du traducteur : ville située à quelques kilomètres au nord, première capitale de la Valachie médiévale, pas loin de Târgoviste). Il était complètement muet. Les prêtres ont priés pour lui, ici, devant l’icône. A la fin, une fois dehors, l’enfant s’est mis à parler : « Regarde, maman, il neige ! ». Sa mère est tombée dans les pommes à côté de la porte ».

Letca Noua et Bethléem

En sortant de l’église, l’obscurité de l’atmosphère et la pauvreté des gens me troublent encore plus. Les bus sont partis depuis longtemps, portant chez eux les pèlerins de Giurgiu. On ne voit plus personne autour. Tout donne l’impression étrange qu’il ne s’est rien passé à Letca Noua. Et – qui sait- il ne s’y est peut-être rien passé. Tout comme avant, la vie se déroule en silence, les gens continuent imperturbablement, à lutter contre la misère…
Dans l’église orthodoxe, le mot miracle se prononce avec précaution, après moult réflexion, temps d’attente et prières.
Quant à mois, je ne vous ai raconté que ce que j’ai vu et entendu…
Sur la route de retour, en traversant la brume de l’hiver et la pauvreté de Letca Noua, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la grotte de Bethléem, où, après avoir cherché en vain une place parmi les hommes, la Vierge a mis au monde le Fis de Dieu dans un refuge ignoré de tous, protégée uniquement par Dieu et par la chaleur des animaux. Et aux paroles du jeune prêtre, qui résonnent encore dans mes oreilles : « Quand je suis arrivé ici pour la première fois, j’ai été triste, car nous ne sommes pas dignes… ».


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