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Croix
PRO VITA

OU LE COMBAT D'UN PRETRE ORTHODOXE ROUMAIN POUR LA VIE

Lettre N°7 / octobre 2002

La Nativité

Sommaire :

Titre avec Croix

Chers (es) amis (es),

J’ai pu retourner en Roumanie, chez le Père Nicolae, fin mai – début juin 2002 (voyage payé par la Fraternité Orthodoxe du Pain de Vie) avec un minibus et sa remorque chargés de produits nécessaires aux enfants de Pro Vita. C’est toujours une joie de retrouver les enfants, les voir grandir, certains sont partis, comme Vasile entré au monastère de Cernica, d’autres sont restés, comme les deux Maria baptisées le 15 août 2001, et s’enracinent, prenant leur place dans le fonctionnement de l’association. Quel chemin pour beaucoup d’entre eux ! Ces deux Maria, par exemple, ont le visage radieux et toujours le sourire, mais leurs bras couverts de tatouages et de cicatrices témoignent d’un passé bien lourd et douloureux. Je commence à connaître l’histoire d’un certain nombre d’entre eux et m’émerveille d’autant plus de l’œuvre de Père Nicolae.

J’en connais qui vivaient dans les égouts de Bucarest, d’autres qui ont énormément souffert dans des orphelinats, vivant attachées dans le noir, leurs poignets et chevilles portant encore les marques de liens. Aujourd’hui ces jeunes ont trouvé un refuge, et plus, une grande famille. Ceux qui sont trop marqués resteront à Pro Vita, peut-être toute leur vie. Aussi est-il nécessaire de développer des ateliers d’artisanat durables, dans lesquels ils puissent acquérir une formation, s’épanouir, subvenir à leurs besoins.

Une joie aussi de revoir ceux et celles qui les aident quotidiennement ou qui soutiennent Père Nicolae et l’association par leur savoir-faire, ils forment une équipe fraternelle, tous marqués du sceau de la charité. Plaisir aussi de retrouver les villages roumains, pleins de vie et de simplicité ; et puis un voyage en Roumanie est toujours plein d’imprévu, comme cette rencontre dans les montagnes avec un ermite vivant dans une cabane de bois, bien sûr sans eau ni électricité, se nourrissant de racines, de fruits, d’herbes ramassées dans la forêt, ou de produits de son tout petit jardin lorsque les animaux sauvages en laissent. Il y a encore de tels personnages en Roumanie, tout orienté vers Dieu, priant jour et nuit pour notre monde, menant le vrai combat.

Voici donc les dernières nouvelles de Père Nicolae et de Pro Vita :

Doamne ajuta !
Père Philippe

Notre aide

Depuis la dernière lettre d’information (n° 6) nous avons viré à Père Nicolae :

- 782 Euros l’hiver dernier,
- Je lui ai moi-même donné de votre part en mai 1975 Euros,
- Enfin en août, en réponse à son appel ci-joint, nous avons pu faire un nouveau virement de 2000 Euros.

Nous avons également assumé les frais rapportant aux véhicules donnés à Pro Vita.
Nous avons aussi soutenu l’association SARAH (Soutien, Aide pour la Roumanie, Action Humanitaire) de Gorcy (54) et l’Association pour un Monde Nouveau pour son projet « Jeunes pour les jeunes – Roumanie » de Sibiu (Transylvanie), mais simplement par le montant de notre cotisation.


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La Mère de Dieu

Présentation de l’association « PRO VITA pentru nascuti si nenascuti » par elle-même


ASSOCIATION PRO VITA POUR LES ENFANTS NES ET A NAITRE


Pro Vita est une organisation non gouvernementale à but non lucratif suivant le décret n° 1/20 de janvier 1994. Fondée à Vălenii de Munte en vertu de l’accord n° 1625 du Ministère de l’emploi et de la protection sociale, son but est de mettre en pratique la lutte contre l’avortement du Mouvement Saint Brâncoveanu pour la protection de la vie, selon les principes chrétiens orthodoxes.


L’association fut fondée par le Père Nicolae Tănase et sa femme, Maria Tănase. Elle comprend des membres associés, des employés permanents et des volontaires qui travaillent dans différents domaines (ingénieurs, architectes, prêtres, enseignants, agriculteurs, étudiants, artistes, employés de bureau, médecins).


Les activités ont lieu dans les villages de Valea Plopului et Valea Screzii, à Posesti, Prahova. Il s’agit d’un système multiple : certains enfants sont confiés à des familles du village, d’autres sont accueillis dans la maison paroissiale et sont élevés par les employés de l’organisation et par des volontaires. Nous accueillons aussi des femmes enceintes et des mamans avec leurs nouveaux-nés.


Au total, nous aidons approximativement 170 personnes : des enfants dont la mère a renoncé à avorter et qui les a confiés à l’association pour un certain temps, des enfants provenant des familles ayant des grosses difficultés sociales et confiés par leur mère pour un temps donné, des enfants présentant un handicap et abandonnés à l’hôpital, dont les problèmes seront résolus par l’intégration dans une famille, des enfants de la rue en voie de réintégration dans la société, des jeunes, filles et garçons, ayant été renvoyés de l’orphelinat à leurs dix-huit ans, qui sont remis sur les rails et qui participent au travail de l’association, des femmes enceintes et des mères mises à la rue par leur famille et dont on s’occupe jusqu’à ce qu’elles règlent leurs problèmes personnels.


En outre, l’association aide des enfants du village et des alentours dont les familles ont des difficultés financières : distribution quotidienne de repas chauds et organisation annuelle de camps gratuits, grâce à l’aide des agriculteurs du coin ou d’autres paroisses des environs, selon l’esprit chrétien orthodoxe et traditionnel roumain.


Depuis sa fondation, la structure de l’association a évoluée de manière constante en raison du nombre croissant de demandes d’aide que nous recevons. Les employés (Tatiana Samoila, ingénieur, Iuliana Hattel, assistante sociale, et les personnes travaillant à la cuisine, à la garde des enfants, au ménage, etc.) se font aidés des jeunes femmes de plus de dix-huit ans sortant de l’orphelinat qui savent déjà s’occuper des enfants et tenir une maison.


Il faut également ajouter le grand nombre de bénévoles qui travaillent dans ou hors du village pour récolter de l’argent et des dons en nature, faire de la publicité ou organiser des activités sociales pour des personnes dans le besoin.


L’association dispose de quelques terres données par la Mairie, quelques maisons paysannes que nous possédons ou louons, des meubles pour les chambres, des équipements de cuisine, sanitaires, etc., provenant de dons ou payés par notre travail, une menuiserie avec un peu d’équipement que nous avons aussi acquis par notre travail, un atelier et du matériel de sculpture pour fabriquer des objets religieux, deux fours à pain de paysans et un four électrique, quelques animaux domestiques et deux voitures données qui sont très sollicitées.


Les familles de bienfaiteurs du village apportent une contribution essentielle par leur soutien. En effet, les gens du village sont d’une aide précieuse pour les activités de l’association.


Les rentrées d’argent régulières sont assurées par la vente d’objets religieux (icônes, croix de bois peintes, fabriquées à l’atelier) fabriqués par les jeunes femmes des orphelinats, et quelques donateurs réguliers qui offrent leur contribution en fonction de leurs moyens.

Les autres rentrées d’argent sont irrégulières et proviennent des dons collectés par le Père Nicolae Tănase et les bénévoles.


Les principes de base de l’association PRO VITA pour les enfants nés et à naître


Quelle que soit son origine, qu’il ait été conçu de manière naturelle ou artificielle, dans ou hors de l’utérus de sa mère, tout être humain avant sa naissance est un enfant à naître.

1. Un être humain est un être humain dès sa conception.
2. Nous devons vivre là où Dieu a décidé de nous faire naître.
3. L’enfant à naître a des droits, tout comme l’enfant déjà né.
4. Eviter la conception n’est pas moins néfaste que de détruire la vie.
5. Le bon est ce qui est bien fait.
6. Il n’y a rien de tel que la maison d’une mère.
7. Tout enfant à naître a droit à une période de grossesse et à un développement naturels, ainsi que le droit de naître.
8. Depuis la création, Dieu a doté tout être humain d’une dignité qui lui est propre, et ce depuis le moment de sa conception, qu’elle se passe dans ou hors de l’utérus maternel.
9. Tout enfant à naître a des droits, et ce quelle que soit la race, la couleur de peau, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques, la vision du monde, le milieu ethnique ou social, les biens matériels ou le statut social de ses parents ou tuteurs.

Pour protéger l’enfant, des mesures efficaces doivent être prises contre toute action scientifique ou de toute autre nature qui pourrait mettre en danger la santé, le développement et le bien-être de l’enfant à naître.

Notre devoir est d’assurer à l’enfant à naître les mêmes droits que les autres êtres humains, particulièrement le droit de vivre et d’être protégé.

Notre devoir est de nous battre pour défendre le droit à la vie de l’enfant à naître et de nous efforcer de l’aider à survivre et à se développer, dans la mesure de nos moyens.

Notre devoir est de lutter pour encourager et soutenir toute loi interdisant les agressions médicales ou non médicales contre les êtres humains à partir de leur conception, notamment :
- le clonage
- le transfert du pré-embryon ou de l’embryon vers autre chose qu’une mère humaine
- la sélection du sexe
- l’ectogenèse
- l’avortement volontaire
- l’utilisation d’un fœtus humain pour des transplantations, plutôt que d’utiliser ceux qui ont connu une mort naturelle ou qui ont été rejetés par un avortement spontané
- toute autre intervention nuisible au pré-embryon, à l’embryon ou au fœtus humain.
Nous pensons qu’un enfant à naître souffrant de maladie congénitale ou autre ne doit pas subir d’intervention visant à entraver son développement. Toutefois, nous nous devons de soutenir toute contribution scientifique et ses applications dont le but est de favoriser le bien-être de l’enfant à naître.

En écrivant ce texte, nous avons à l’esprit :

La « Déclaration des droits de l’enfant à naître » proposée au Congrès mondial pour la vie, à Oslo, du 10 au 13 mai 1990,

La « Déclaration des Nations Unies »,

La « Déclaration des droits de l’enfant à naître », Genève, 1924,

Les « Conventions internationales des droits de l’homme »,

La « Déclaration des droits de l’enfant », 1959,

La « Convention des droits de l’enfant », 1988,

« L’Organisation médicale mondiale » de Genève, 1948,

Les principes et les lois concernant les expériences sur les êtres humains telles qu’ils furent définis à Helsinki en 1964 et 1975.


Traduit de l’anglais par Rachel QUIBLIER


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UN APPEL URGENT DE PÈRE NICOLAE :

Nous osons faire appel à votre aide financière, car notre association aurait l’occasion en ce moment même d’acheter 40 000 m² de terre arable (pâturages et arbres fruitiers) sur laquelle existent déjà 10 bâtiments (granges, étables, ateliers).

L’achat de ces terrains et bâtiments élargirait grandement le nombre des activités de notre association : les enfants et les jeunes femmes présentant des problèmes particuliers que nous accueillons pourraient élever des animaux. Ils pourraient travailler dans des ateliers protégés et nous pourrions en tirer des bénéfices. De plus, nous aurions plus de place pour pouvoir séparer les enfants et les jeunes filles.

Cette ferme coûte 270 000 €. Mais après négociations, nous avons obtenu pour notre association de ne payer que 50 000 €. Comparée au prix réel, cette somme ne représente rien du tout, mais c’est énorme pour nous, car nous n’avons pas cet argent à l’heure actuelle.

Voici notre idée pour obtenir cet argent (par des dons) :
- Nous allons envoyer cette lettre à nos amis susceptibles de nous aider,
- Ensuite nous attendrons leurs réponses,
- Si les promesses de dons sont suffisantes, nous demanderons à nos amis d’envoyer l’argent,
- Si les promesses ne totalisent pas la somme nécessaire, nous ne demanderons plus cet argent.

En espérant que vous comprendrez notre besoin urgent, nous attendons votre réponse, si bien sûr vous n’êtes pas débordés en ce moment.

Avec tous mes respects,
Père Nicolae Tănase


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Témoignage de Véronique et Sébastien :

PRO VITA GRAND CARÊME ET PÂQUES 2002

Qu’est-ce qui nous a emmenés en Roumanie ?...

Nous sommes une jeune famille orthodoxe, Véronique, Sébastien, Louise et Jeanne, nos enfants, partis de Bruxelles en décembre 2001 avec le désir de découvrir l’Orthodoxie en France, en Grèce et en Roumanie.
Notre pèlerinage aura duré plus de six mois, avec de multiples grâces, rencontres, et épreuves aussi…Tout cela sera difficile d’être relaté ici en quelques lignes !

Nous sommes arrivés en Roumanie dans le courant du mois d’avril, après quarante jours en Grèce, pendant le début du Grand Carême. En décembre, nous étions passés à Loudéac chez Père Philippe Calès et son épouse Sylvie, y déposer des vêtements d’enfants, rencontrer la Fraternité Orthodoxe du Pain de Vie, et recueillir des renseignements sur le Projet Pro Vita. Nous avons aussi été très bien accueillis par Soizic, Claude et Eric (Pierre !). Le voyage pouvait commencer.

Nous avons rencontré Père Nicolae pour la première fois à l’église Saint Nicolas de Bucarest, un lundi soir à la sortie de l’office pour les enfants avortés et avant la conférence qu’il donne à l’Institut de Théologie de l’Université toutes les semaines. Il y avait foule.

C’est sa fille Gabriela qui nous a accompagné jusqu’à Vălenii de Munte tard le soir, et Père Nicolae n’est rentré que plus tard dans la nuit, devant régler un problème urgent comme il en a tout les jours !
Il nous a hébergés dans son petit appartement et ce n’est qu’au réveil qu’il nous demanda « vous êtes qui ? ». Sa confiance nous a vraiment touché…

Nous lui avons expliqué notre démarche, nous lui avons remis ce que nous avions apporté pour Pro Vita. Quelle surprise quand ils nous demanda de rester en Roumanie toute la vie !
Nous voulions rester trois jours, nous sommes restés presque deux mois !
A quelques kilomètres de Vălenii de Munte se trouvent Valea Plopului et Valea Screzii, où demeurent les enfants et adolescents accueillis par Pro Vita. Nous étions comme parachutés sur une autre planète. Nous de comprenions rien de ce qui se passait autour de nous, tous les quatre logés dans une petite chambre à côté d’une des nombreuses églises construites (ou plutôt en cours de construction !!) dans le village.
L’eau au puit, l’absence de confort…était difficile à vivre pour nous occidentaux ( !) même après quatre mois de « stage » qui nous avaient préparés à lâcher tout cela…

Peu à peu, nous avons découvert les gens des deux villages, leur générosité, leur gentillesse. Leur pauvreté apparente cache une grande ferveur. Certaines familles du village, très pauvres accueillent un ou plusieurs enfants à partir de l’âge de six ans, quand ils quittent la nurserie et le jardin d’enfants. Dans ces endroits, ils sont très bien choyés : touchés, lavés, nourris… par les puéricultrices engagées par l’association.
Des adolescentes recueillies à l’âge de dix-huit ans à leur expulsion des orphelinats d’état, déjà fort abîmées de tout ce qu’elles ont vécu, s’occupent pour les plus dégourdies des tâches quotidiennes, chacune à leur niveau. Elles lavent le linge des bébés, les couches, aident à la préparation de repas…Les garçons participent à la construction de nouveaux bâtiments, gardent les bêtes dans les champs…

Il y a une bonne coordination et une bonne organisation entre tous. Des bénévoles sont là parfois pour quelques semaines ou quelques mois…C’est un lieu de VIE avant tout.

Louise et Jeanne sont allées à l’école roumaine, Sébastien a aidé Ioan et son équipe de menuisiers à la construction d’une chapelle en bois (en 24 h !) et Véronique s’est initiée à l’iconographie avec Cristi, le chantre et iconographe du village…
Peu à peu nous avons goûté à la vie du village, le mode de vie roumain dans les campagnes. Nous avons aussi compris un peu mieux le projet Pro Vita.

Et nous est née l’idée l’envie de revenir ici souvent et de participer à la construction d’une petite maison traditionnelle, toute en bois, pour y venir et accueillir donateurs, amis de Pro Vita, nos amis orthodoxes et autres…Le projet est en cours et nous prions pour qu’il se réalise.

Nous sommes convaincus maintenant que, si nous avons des richesses en excès à partager avec eux, eux ont énormément à nous apporter.

Ce n’est pas de couches « pampers » dont ils ont besoin, qui pollueront leur environnement, nature magnifique et préservée…mais plus d’actions concrètes, de présence sur le terrain : là est en tout cas le souhait de Père Nicolae.

Il y a toujours un besoin quotidien d’argent : actuellement pour l’achat de terrains et la construction d’ateliers manuels, afin d’offrir une formation concrète aux jeunes. Un budget de 300 000 FF (45 735 €) est demandée par Père Nicolae urgemment. Merci, si vous le pouvez, de participer à ce projet, en prenant contact avec le Père Philippe et son association, en faisant un don si petit soit-il.

Avant tout, chacun de nous doit se sentir concerné par le combat pour la vie, et donc contre l’avortement, mené là-bas, et donc à mener ici…

Ces enfants que nous avons vus, tout petits, nouveaux-nés parfois sauvés de la mort, ces enfants plus grands, aimés avant tout, témoignent tous de l’amour de Dieu qui Lui seul donne la Vie.


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Témoignage d'Elisabeth GÉRARDIN :

C’est l’année dernière, de juillet à fin août, que j’ai rendu visite à Père Nicolae. Je l’avais rencontré quelques heures à peine lors de son passage à Paris, et sa forte personnalité, ajoutée à la lecture des premiers numéros du Pro Vita n’avait fait qu’accroître en moi l’impatience de visiter son centre. Je n’ai pas été déçue…

Dès mon arrivée, le père m’a emmenée à Valea Plopului. J’avais entendu dire que les tout-petits accueillaient les visiteurs en sautant dans leurs lits et je peux témoigner que c’est exact ! Car c’est avec des cris et de joyeux trémoussements qu’ils ont salué notre entrée dans leur chambre. En cette période, Père Nicolae veillait sur plus de 200 enfants de tous âges.

Durant mon séjour, le Père Nicolae m’a demandé d’enseigner le français aux enfants du village. Ils n’en parlaient pas un mot, mais se sont montrés pleins de bonne volonté et de gentillesse. Ils avaient entre 6 et 15 ans ; je me débrouillais pour leur parler en roumain, traînant mon dictionnaire partout avec moi (cela a fait bien rire, mais quoi !). J’avais commencé par leur apprendre quelques phrases types de présentation, quelques listes de vocabulaire courant et une ou deux dictées, mais constatant qu’ils venaient de moins en moins nombreux, j’ai finalement opté pour le chant. A mon départ un mois plus tard, ils étaient un petit groupe à pouvoir chanter le « Notre Père » en français, par cœur et avec un accent adorable…merci les enfants !

J’ai été particulièrement touchée par l’accueil qui m’a été réservé, aussi bien par les enfants que par les adultes, eux qui ont besoin de notre aide mais qui pourtant font preuve d’une incroyable générosité. Leur vie est loin d’être facile, mais partout j’ai vu le sourire. Oui, je les ai tous vus, tous ceux qui travaillent tant pour offrir un avenir à ces petits, ces mères, et autres oubliés de la rue : les pères, Tatiana, Michi, Gabriela, Ion, Nicu, Cristi, Traian…

J’ai été hébergée chez Père Marius, si touchant et généreux lui aussi, et avec qui je suis allée chaque jour aux offices, dans la belle église de Valea Plopului et celle plus petite de Valea Screzii. Lors de ce voyage, c’est lui qui a baptisé ma première filleule, Adriana, née en juillet et baptisée début août. Quelques mois plus tard, Adriana et sa maman ont eu la joie d’être réacceptées dans leur famille après une longue disgrâce, la maman n’étant pas mariée.

Je vous souhaite à toutes et à tous d’avoir la possibilité de passer ne serait-ce que quelques jours auprès de Père Nicolae. Bien sûr là-bas il n’y a pas le même confort moderne que dans un orphelinat de France, mais on y trouve une lumière particulière, celle de l’amour que Père Nicolae porte à toux ceux dont il prend soin et pour qui il mène depuis si longtemps un combat acharné non dénué de risques…


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Extrait d’une conférence donnée par Sœur Margaret CHMIELEWSKA (Communauté catholique du Pain de Vie en Pologne)
à l’occasion d’une retraite pour les femmes à Cracovie en 2001,
et qui concerne Père Nicolae :

« J’ai un ami en Roumanie, un prêtre orthodoxe. Il est marié et il a cinq enfants. Il habite dans une petite ville et sa paroisse se trouve dans un petit village dans la montagne. Dans ce village il y a une pauvreté inimaginable pour nous. Il y a des années, ce prêtre a commencé à accueillir des orphelins, des enfants abandonnés, tirés des poubelles, des enfants de la rue, des jeunes dévoyés, souvent avec des défaillances mentales, des ex-résidents des orphelinats qui, comme en Pologne, dès qu’ils atteignent l’âge de 18 ans, sont jetés dehors.

Les petits enfants de moins de sept ans sont donnés aux familles. Ces paysans simples de Roumanie n’ont souvent pas de quoi manger et habitent dans de petites maisons primitives, en bois avec une cuisine en dehors, juste sous un toit ; ces gens qui ont déjà quelques enfants à eux, en accueillant encore deux, trois ou même cinq. Ils installent de nouveaux lits à même la terre et ils les traitent comme s’ils étaient leurs propres enfants. Un jour, pendant une visite dans une maison comme celles que je viens de décrire, un des hommes qui m’accompagnait a demandé à une mère de quatre enfants et de quelques accueillis, pourquoi elle le faisait. Elle l’a regardé comme si elle n’avait pas compris la question et elle a répondu « Mais quelqu’un doit aimer ces enfants ».

La femme du prêtre pendant bien des années n’avait pas de machine à laver et elle lavait tout le linge à la main. Un jour j’ai vu le prêtre dormir dans le couloir sur le plancher parce qu’au cours de la nuit quelqu’un était venu et il fallait lui offrir un lit. La première fois où je me suis rendue (après un long voyage), un des enfants s’est approché de moi, il s’est agenouillé et il m’a donné des pantoufles. D’abord ceci m’a surprise, mais ensuite j’ai compris : il y avait un invité chez eux, alors il y avait Jésus. »


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JEAN XXIII – PRO VITA :

Bilan de l'action pour les orphelins roumains


Pour la deuxième année consécutive, des collégiens de Jean XXIII (Montigny-les Metz) ont eu à cœur d’aider les enfants orphelins roumains recueillis dans deux villages construits par le Père Nicolae Tănase (Valea Plopului et Valea Screzii).

Dès le mois de novembre et pendant tout le temps de l’Avent, une vingtaine de jeunes ont consacré deux heures par semaine à la confection de boules de Noël en tissu, commandées en grand nombre par des parents d’élèves et des professeurs. L’atelier animé par quatre professeurs se déroulait dans une ambiance très sympathique et chaleureuse. La vente des boules a rapporté la somme de 2160 Francs (329.29 Euros). D’autre part, des objets d’artisanat fabriqués par de jeunes orphelins roumains (chapelets et croix en laine, icônes sur verre, napperons…) ont été vendus et ont rapporté la somme de 633 Francs (96.50 Euros). Enfin, une collecte dans une pharmacie et des dons se sont élevés à 267 Francs (40.70 Euros).

Ainsi une somme totale de 3060 Francs soit 466.50 Euros a été remise, fin décembre, au Père Nicolae Tănase qui saura bien l’employer tant les besoins sur place sont énormes.

Par ailleurs, la veille des vacances de Noël, monsieur Metzinger, pharmacien à Metz, a fait déposer à Jean XXIII deux cartons de médicaments qu’un étudiant roumain de Supélec Metz, a acheminés en Roumanie dès le 25 décembre. Ils sont bien arrivés au dispensaire que le Père Nicolae a fait construire pour les orphelins.

Merci à tous ceux qui ont permis la réussite de cette action. D’autres opérations sont prévues dont, au mois de mars, une collecte de médicaments, de matériel pour le dispensaire et de produits d’hygiène. Le fruit de cette collecte prendra la direction de Valea Plopului pendant les vacances de printemps, car comme l’année dernière, le Père Philippe Calès, fondateur de l’association A.O.F.F.R., servant de relais en France pour Pro Vita, passera à Jean XXIII, chargera les cartons et les acheminera en Roumanie.


Marie-Claire HIPEAU


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Nous avons pensé intéressant de vous présenter quelques unes des associations ou communautés qui nous soutiennent particulièrement. Dans ce numéro :
La Communauté Orthodoxe de Sainte Croix
et
L’Association « Aide au Tiers-Monde »



La Communauté Orthodoxe de Sainte Croix

Elle dépend de la Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale.
Fondée et animée par le Père Philippe et Élianthe DAUTAIS, elle est à l’origine de la paroisse orthodoxe « Saint Nectaire et Sainte Foy » et du Centre d’Etudes et de Prière de Saint Croix.

« Le Centre d’Etudes et de Prière de Saint Croix, ouvert à tous ceux qui sont en quête de Dieu, vous propose :
- une étude approfondie de l’anthropologie chrétienne,
- une approche de la thérapie chrétienne dans l’héritage des Pères du désert et des Pères de l’Eglise,
- un accompagnement spirituel qui intègre les apports des sciences humaines,
- une introduction et un approfondissement de la vie de prière dans l’esprit de la Philocalie,
- des ateliers d’art liturgique,
- des sessions avec des intervenants extérieurs,
- des temps de ressourcement pour faire le point (sur demande accompagnée d’une lettre de motivation).
La Communauté Orthodoxe de Sainte Croix sera heureuse de vous accueillir. »


La Communauté organise en moyenne quatre sessions mensuelles.
Père Philippe et la presbytera Élianthe ne manquent pas de photocopier les lettres « Pro Vita » et de les exposer, voire de les proposer aux personnes désirant faire un geste envers les plus pauvres. Merci beaucoup à eux.


Père Philippe et Élianthe DAUTAIS
Sainte Croix
24 240 MONESTIER

tél. : 05 53 63 37 70
fax : 05 53 61 31 05


Site internet : http://www.top.ca/users/thabor/ressources/ste-cx.htm
email : centresaintecroix@wanadoo.fr


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L’Association « Aide au Tiers-Monde »

« L’Association « Aide au Tiers-Monde » est une association loi 1901, fondée en 1962 par un prêtre (catholique-romain) du diocèse de Cambrai : l’abbé Hubert OBEIN. Au départ c’est pour aider des amis missionnaires qu’il envoyait quelques colis. Ils se sont vite transformés en conteneurs à destination de missionnaires du monde entier, de toutes communautés.

En juillet 2000, l’abbé OBEIN a pris sa retraite, bien méritée. Pour que son œuvre se poursuive, il a choisi de passer le relais à la Communauté du Pain de Vie. »

« Depuis 1977, l’Union Européenne nous a confié l’expédition de 28 530 tonnes d’alimentation. Nous certifions que tout est bien arrivé aux différents destinataires. »

C’est Anne DECOURTY qui est actuellement présidente de l’association et qui gère ses hangars pleins de toutes sortes de marchandises et une équipe de bénévoles, constituée en partie de personnes en difficulté trouvant dans ce service un outil de réinsertion.

Durant l’automne 2001, nous y sommes passés avec Père Nicolae et une équipe de bénévoles roumains, pour prendre possession d’un véhicule donné par Anne et emporter toute sorte de produits très utiles pour PRO VITA. Depuis, j’y suis repassé, faire le plein de produits d’hygiène à destination des maisons d’accueil de Père Nicolae.
Tous les produits, objets, matériaux entreposés par Anne à Sars-Poteries sont l’effet de dons de particuliers, d’entreprises ou d’associations.

Merci à Anne pour sa générosité et le don d’elle-même aux plus pauvres.


Association Aide au Tiers-Monde
Cour de la Gare BP 11
59 210 SARS POTERIES

tél. : 03 27 61 63 24
fax : 03 27 59 32 99
email : aide.tiersmonde@freesbee.fr


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