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Croix
PRO VITA

OU LE COMBAT D'UN PRETRE ORTHODOXE ROUMAIN POUR LA VIE

Lettre N°11 / hiver 2006

ProVita2005



Sommaire :



Chers amis,

J’ai de nouveau visité, fin juin début juillet, le père Nicolae TANASE et son œuvre « PRO VITA » à VALEA PLOPULUI et VALEA SREZII, cette fois accompagné du père Roberto UBERTINO, prêtre de la basiliade Saint-Jean-le- Miséricordieux à TORONTO.

Le village de « PRO VITA » à VALEA SCREZII était particulièrement animé. Il y avait en effet des volontaires de différents pays venus pour un ou plusieurs mois aider aux constructions. Des irlandais, des américains des U.S.A. et du CANADA dans le cadre de l’association UNITED PLANET. De passage également une trentaine d’étudiants français de la région parisienne hébergés chez Dorin PARASKEV (vacances-roumanie.com) venus avec le projet de fournir à la boulangerie de « PRO VITA », cinq tonnes de farine.

Au mois d’août la relève est assurée par un groupe d’italiens qui vient, lui, animer « le camp », c'est-à-dire assurer durant un mois des animations pour les enfants : ce sont leurs vacances. Voici exactement dix ans que ces italiens viennent ainsi apporter chaque mois d’août un esprit de vacances et de fête à VALEA SCREZII pour la joie et le bonheur des enfants.

Par ailleurs, père Nicolae a fait l’acquisition de terrains dans la région de CONSTANTIA, dans la vallée de la PRAHOVA toute proche et à AGAPIA en MOLDAVIE pour y organiser des camps, afin de sortir les jeunes de leur contexte habituel. Sur ces terrains il faut maintenant construire quelques abris équipés d’un minimum de confort : l’eau , l’électricité…Mais les camps ont débuté !

A VALEA SREZII, nous avons été agréablement surpris par l’avancement de constructions : cinq nouvelles maisons ont été construites ou vont être achevées, depuis notre dernier passage en février 2005.Et surtout, ce village est devenu beau. En effet, père Nicolae a eu la délicatesse de ne construire aucune maison sur le même modèle, ce qui donne à ce nouveau village de construction moderne tout son cachet. En regardant ce village et tous ces volontaires y travaillant, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a quelques années, ce n’était qu’un champ de fondations. Que de critiques père Nicolae a dû supporter avec beaucoup de patience et d’abnégation, du genre : « il commence plein de choses mais n’en finit aucune », « il est incapable de terminer ce qu’il commence », « il a plein de bonnes idées mais n’en réalise aucune » etc…J’ai entendu tout cela. C’est vrai qu’à cette époque le paysage que l’on découvrait était surprenant : des dizaines de fondations…Et une seule maison de construite entièrement. Mais père Nicolae savait bien, lui, ou était la priorité. De fait, petit à petit, le terrain est devenu de plus en plus cher, les démarches pour construire de plus en plus compliquées et l’entrée dans la Communauté Européenne se profilant à l’horizon, il était urgent de poser…les fondations du projet. Si jusqu’à présent la priorité était aux constructions, il est probable que bientôt les autorités imposeront à cette œuvre des conditions de qualification pour l’encadrement des jeunes. De nouveaux défis en perspective !

Parmi les projets que nous a partagé père Nicolae, il y a celui de crèches et écoles maternelles ouvertes aux enfants des villages alentour, toujours dans le soucis d’intégrer les petits orphelins de PRO VITA et d’éviter un sentiment de jalousie de la part de villageois témoins de l’évolution du proche nouveau village (ou extension du leur) de père Nicolae et qui, quelque part, aimeraient que ce progrès profite au plus grand nombre. Il est bon, et juste, de rappeler que c’est père Nicolae qui a fait venir l’électricité jusqu’au village historique de VALEA SREZII…

Mais s’il nous a partagé ses projets, père Nicolae nous a aussi fait part de ses soucis. En effet, les précipitations et inondations qui ont frappé la Roumanie n’ont pas épargné le village de « PRO VITA » et la rivière qui le traverse a fait des siennes. Il a fallu consolider le pont et provoquer des cascades pour éviter que l’eau ne sorte de son lit, menaçant les maisons les plus proches. Il a fallu également entreprendre d’urgence la construction d’un muret tout le long de la route qui descend du village « historique » de VALEA SREZII et traverse le village des enfants, car lorsque la rivière déborde, l’eau descend tout simplement…par la route, menaçant d’inonder les maisons.

Du point de vue humain, nous avions signalé la présence de prêtres près de père Nicolae et d’un diacre assistant social. Désormais ce sont les enfants du père qui s’investissent dans son œuvre, en particulier ses fils Mihail et Rafael. Tous les deux terminent leur doctorat de théologie tout en travaillant. Ils sont mariés et c’est en couple qu’ils aident père Nicolae. Mihail, par exemple, est en contact avec les associations de volontaires et cet été il a retroussé ses manches pour participer à la construction du muret le long de la route. Sa fille aussi, Gabriela, étudiante en Lettres, participe à la vie de l’association. Père Nicolae et Maria ont cinq enfants.

Enfin, pour conclure ce petit éditorial, le témoignage de ce chauffeur suisse, incroyant, qui chaque fois qu’il voit les enfants de PRO-VITA, ne peut retenir ses larmes, et qui a fait don à l’association d’un tracto-pelle.

Que Dieu, le Dieu de la vie, nous accorde, à nous aussi, la compassion devant le malheur, la souffrance des autres, surtout des plus petits, des plus innocents.

Je vous bénis et vous remercie, père Philippe.


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ANTENNES A.O.F.F.R. EN FRANCE


Le prêtre Paul GANEM et Monsieur Jean-Claude HIPEAU, tous deux membres du Conseil d’administration de notre Association Orthodoxe FRATERNITE FRANCO-ROUMAINE, ont accepté d’être des « antennes locales » de l’ A.O.F.F.R., père Paul pour le Sud-Ouest et Jean-Claude pour l’Est. Nous souhaitons ainsi favoriser, peut-être, les contacts, l’information, les initiatives locales.

Père Paul et Mireille GANEM
Sainte-Croix 24 240 MONESTIER
Tel : 05 53 63 37 15 ou 06 72 00 45 32 fax : 05 53 61 31 05 .

Jean-Claude et Marie-Claire HIPEAU
61 rue des Genêts 57 155 MARLY
Tel : 03 54 62 38 29, 06 80 08 71 01, 06 12 21 15 76


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DES APPELS...

- du prêtre Ioan NECULOIU, de FAGARAS:
Fondateur et animateur de l’association « IOANIADA », père Ioan demande de l’aide pour une famille de tziganes dont le toit de la maison s’est écroulé.

- du prêtre Basile BIRZU, de SIBIU:
que certains ont pu rencontrer à la résidence métropolitaine durant son séjour en 2003/2005 à LIMOURS. Maintenant père Basile est à SIBIU ou il est père spirituel auprès des étudiants de la faculté de théologie « Andrei SAGUNA » .Il a fondé l’association « LEF-FRO » qui a fait l’acquisition de deux bâtisses dans le village d’ACILIU à 30 kms de SIBIU. Le projet est d’ouvrir dans une des bâtisses un centre d’accueil pour les enfants en difficulté et dans l’autre une école maternelle.

Si vous désirez soutenir l’un ou l’autre de ces projets, veuillez spécifier au dos de votre chèque : « pour Fagaras » ou « pour Sibiu », merci.



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NOS AMIS DU CANADA

Nos liens avec le CANADA sont anciens, ils datent des débuts de notre association. En effet, avant même qu’elle ne soit déclarée, qu’elle n’était qu’une association de fait, celle-ci recevait un premier don de 50 dollars canadiens de l’association « SAINT JOHN THE COMPASSIONATE MISSION », de TORONTO en ONTARIO. Depuis, ils n’ont cessé de se resserrer et le nombre d’adhérents canadiens de croître.
Notre Lettre d’information s’est parfois fait l’écho de cette amitié transatlantique :
- « Une association qui nous aide : La Mission Saint Jean le Miséricordieux ». (« Pro Vita » n° 08 de 2003).
- « Témoignage : Mike de Toronto au Canada ». (« Pro Vita » n° 09 de 2004).
- « Une association qui nous soutient : Le Refuge Sainte Marie l’Egyptienne en Ontario (Canada) ».(« Pro Vita » n° 10 de 2005).

De nombreuses initiatives ont été prises pour récolter de l’argent en faveur de notre association, notamment par Mary MARROCCO, Chiara UBERTINO, Mark et Kim VAN BEUSEKOM et bien d’autres…
Aujourd’hui, que nos amis du Canada soient chaleureusement remerciés de s’associer à nous pour soutenir l’œuvre de père Nicolae. Nous les félicitons pour leur fidélité.


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QUELQUES INITIATIVES

La part de Dieu…

…et de ses pauvres : confrontée à des difficultés pour la vente d’une maison, la gérante d’une agence immobilière s’est promise de faire un geste envers notre association si elle réussissait sa transaction. Cette dernière s’étant bien déroulée, notre gérante a respectée son engagement.

La cigale et la fourmi ?

La maîtrise de DINAN (Côtes d’Armor en Bretagne) ayant cessé son activité, son association légale a décidée, à l’initiative de Jean-Michel SONNIER, de répartir son solde entre différentes associations orientées vers l’éducation des enfants, dont la nôtre.

Jumelages

Un jumelage entre des classes d’élèves de 15 à 19 ans a pu voir le jour, via notre association, à l’initiative de Marie-Claire HIPEAU (membre du C.A. de l’A.O.F.F.R.) de METZ et de Rodica BIRA de GALATI .Nous avons également répondu à un appel de cette école de Roumanie pour l’envoi de bibles en français.


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TEMOIGNAGES

L’Obole de la veuve

Voici le témoignage de Jean-François LE MERCIER de Centre-Bretagne, qui est bénéficiaire du RMI, mais aide depuis des années avec fidélité et persévérance notre association :

Après contact avec le responsable actuel de la maison d’accueil du « VAUBLANC », Francis LAPIERE , il m’a proposé de m’associer à l’œuvre « Pro Vita » pour venir en aide aux personnes en difficulté en Roumanie, pour la majorité des femmes seules ayant en vue d’avorter. Mais essentiellement mon but était de venir en aide aux enfants laissés à eux-mêmes dans la rue, aux handicapé(es) et aux orphelins…

J’ai voulu participer à cette œuvre humanitaire qui me permet de faire avec mes petits moyens une œuvre caritative. Dans un monde actuel qui est guidé par le profit et l’indifférence, il m’a semblé bon de m’investir financièrement.

C’est pourquoi j’ai pris la décision d’envoyer un montant mensuel à « Pro Vita » pour qu’elle puisse continuer son œuvre et par là même la voir s’agrandir dans la ville et continuer son expansion à travers toute la Roumanie.

Je m’imagine bien que cela prendra du temps mais avec la Très Sainte Providence de Notre Seigneur, j’ai bon espoir de voir pleins de profits se réaliser au fil des années.

NOUS VOUS PROPOSONS, pour le prix de 7 euros, une interview de 7 minutes du père Nicolae TANASE, en roumain, avec un petit film du centre de PRO VITA, sur CD


UN MINIBUS à VALEA PLOPULUI

minibus

Novembre 2004, nous apprenons que « La Maison des Enfants » de Bordeaux, où l’un de nos amis travaille, met en vente un de ses minibus de transport d’enfants.

Odile Robert, la directrice de cette structure d’accueil et d’animation pour jeunes enfants, qui développe de nombreuses activités d’éveil culturel du jeune enfant, est enthousiasmée par ce que nous lui disons de l’orphelinat, et propose à son conseil d’administration de faire don du minibus à l’association Pro Vitæ.

Le 29 juin dernier, en la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, nous recevons le minibus au cours d’une petite fête donnée par le conseil d’administration et un groupe de parents qui se sont mobilisés pour donner des habits et des jouets.

Entre temps, lors de la venue des jeunes de l’association Franco-Roumaine « Nepsis » à Sainte Croix fin mars, nous apprenons qu’’une blanchisserie industrielle change régulièrement du linge de bains et de la literie de grands hôtels marseillais –standing oblige-, lequel linge peut être donné pour servir… le genre de projet pour lequel nous nous activons.

Les choses se font à merveille, et grâce de nos amis aixois, le père François Faure et son épouse Agnès, leur fille Marie-Hélène, le 17 juin, nous revenons de Marseille avec quelque 800 kg de linge, dont la moitié pour une Maison d’Enfants en Dordogne, ravie de l’aubaine… En échange, ils nous prêteront un minibus pour transporter tous les dons, qui continuent de s’accumuler…

Les derniers préparatifs nous plongent dans l’activité : révision complète du minibus, contrôle technique et mise en conformité ; quelques sueurs froides, à deux jours du départ, il y a un trou dans un bas de caisse, et le contrôleur refuse de nous accorder le certificat de conformité… Nous voilà entre midi et deux heures, en train de découper de la tôle et de la riveter, chez un ami de retour d’un transport d’un bus rempli de mobylettes au Bénin (7.000 km de pistes, avec les déserts)… le ton est donné. Ouf… le certificat de conformité est en bonne et due forme.

Et puis, l’équipe qui se constitue : nous partons Mireille et moi, avec nos trois enfants, dont Geneviève qui rejoindra le pèlerinage avec Monseigneur Joseph. Le père de Véronique s’était d’emblée proposé pour conduire ce véhicule qui nécessite un permis transport en commun. Un deuxième chauffeur serait le bienvenu, mais quinze jours avant le départ, personne.

Et puis début juillet, le mari d’une collègue de travail, à qui je raconte notre projet, s’exclame qu’il viendrait bien avec nous. « Et bien viens si tu veux ». Le soir même, il me rappelle, me confirmant son désir de venir avec son fils Fabien. Dominique sera notre deuxième chauffeur, nous deviendrons amis, et son calme apaisera plus d’une situation qui aurait pu devenir source de tensions.

Et puis les invités de la dernière heure, Carmen et ses deux enfants, paroissiens de Saint Joseph à Bordeaux, qui retournent pour quelques vacances « au pays ». Et la fille du père Nicolæ, Gabriella et son compagnon, Ionutz, tous deux étudiants à la faculté de théologie de Sibiu, venus au Portugal à l’invitation d’une l’ONG pour parler de Pro Vitæ, et qui terminent un séjour de trois semaines dans plusieurs grandes bibliothèques d’Italie et de Suisse. Nous les retrouverons à Besançon.

Le chemin se fait en marchant

Bien sur, nous allons à Valéa Plopului, mais nous sommes conscient que ce long voyage (plus de 3.000 km) faut partie lui-même du « chemin ». Et nous y sommes déjà avant de partir. La veille de notre départ, c’est LA grande fête à Saint Croix ; Bernard-Emmanuel, l’ami de toujours (qui justement travaille à la maison des enfants à Bordeaux qui a donné le bus) se marie avec Anka. Tous, et particulièrement les jeunes, sont sur le pied de guerre des préparatifs, et c’est avec simplicité, émotion et gravité que les futurs époux s’avanceront vers l’église de Sainte-Croix, où notre évêque, Monseigneur Marc présidera leur mariage.

La fête qui suivit est irracontable, tant le sentiment d’une grâce particulière nous étreint, devant la beauté et la simplicité de ce qui se déroule sous nos yeux. L’émotion et les larmes de joie montent aux yeux de beaucoup, des parents d’Anka venus de Vama, en Moldavie, de son frère Parintele (prêtre) Alim de Satu Mare dans le nord des Maramures, mais aussi des jeunes et des moins jeunes. La fête champêtre se déroule sous LE frêne, majestueux, sous lequel une belle table de noces avait été dressé… et pour nous qui partons le lendemain matin, petit clin d’œil, un orchestre roumain préside les festivités, les mariés ouvrent le bal… nous sommes déjà au cœur de la Transylvanie où nous rendons demain matin… Nous finirons de charger dans la nuit… et, au matin, après la prière et la bénédiction de père Philippe, nous voilà sur la route.

Le miracle de saint Elie

Le voyage se déroulera sans encombre, assez rapidement… nous avons hâte d’arriver… avec une inquiétude, le ventre un peu serré : le passage de la frontière. Plusieurs nous avaient mis en garde. Le chargement de linge que nous transportons était pour partie destiné au service social de la Métropole de Moldavie et le semi-remorque (don d’une association française) qui devait partir de France avec du matériel était toujours en attente des autorisations nécessaires. Nous partons donc, bardés de moultes autorisations, tamponnées, un certificat de notre Métropolite, une acceptation du don de père Nicolæ, tous les paquets sont pesés, étiquetés, une valeur marchande attribuée…

Nous arrivons à la frontière de Roumanie au petit matin, le 21 juillet à 6 heures, en la fête du Saint Prophète Elie. C’est un jour férié en Roumanie, personne ne travaille ce jour-là, considérant que tout travail des champs le jour de Saint Elie serait improductif… tout le monde est à l’église. Le douanier nous demande d’abord nos papiers d’identité, jette un regard sur nos deux camions… et puis, d’un grand geste, nous fait signe : « c’est terminé, vous pouvez passer »… et devant mon regard incrédule, me refait un grand signe de main nous signifiant de passer !

Gabriella, la fille du père Nicolæ, me dit qu’elle n’a jamais vu cela ! Le père Nicolæ avait même évoqué de venir lui-même à la frontière si nous étions en difficulté… Nous nous arrêtons à l’église de Deva, au cœur de la liturgie, pour rendre grâce et remercier Saint Elie…

Valéa Plopului

Citons ici un article paru dans la revue roumaine CREDINTA :

« … Bien que Valea Plopului se situe à seulement 16 km distance de Valenii de Munte, une fois arrivé ici, on a l’impression de se trouver au bout du monde. Ou plutôt au début du monde. Quelques maisons en construction, des gens travaillant en silence, entourés d’outils bizarres, une petite église presque terminée, de vieilles machines qui fonctionnent mystérieusement, une ferme d’animaux, un pont a moitié élevé, des réservoirs à gaz pour le chauffage et, partout, des adolescents travaillant sous la surveillance de quelques femmes.

Ce ne sont pas des chercheurs d’or, bien qu’ils pourraient l’être. Ce ne sont pas des chercheurs de pétrole, bien qu’ils leur ressemblent. Ce sont seulement des chercheurs de vie. De la vie dans le sens le plus pur et le plus noble de ce mot. Entre Valea Plopului et Valea Screzii, deux villages des plus pauvres, mais dont les habitants ont le cœur grand comme le soleil, le père Nicolae Tanase forge des destins et élève des enfants. Il en a maintenant 208. Le nombre de ceux qui sont passés chez lui dépasse le millier. On l’appelle « Abraham, père de nombreuses familles ». Il fait semblant de ne pas en être conscient. Il connaît son chemin et rien et personne ne peut l’en détourner. C’est le chemin du Christ. »


Nous arrivons à Valéa Screzii de nuit, et ce n’est que le lendemain matin que nous découvrons l’orphelinat. Parmi la vingtaine de maison construites ou en cours de construction, trois grandes maisons accueillent de jeunes enfants.

C’est une période de vacances et nous dénombrons environ une cinquantaine d’enfants et d’adolescents. Les travaux des champs – les foins – occupent les bras des plus grands : charrettes chargées à ras bord pour les rentrer dans les cours de ferme.

Les plus jeunes enfants (de quelques mois à six-huit ans environ) sont pris en charge par des éducatrices dans les maisons de l’orphelinat. Tatiana préside aux destinées de ces maisons, et ce qui frappe le plus est la silencieuse détermination avec laquelle chacun s’active en sachant parfaitement ce qu’il a à faire. Tout ce petit monde vit paisiblement.

Tous regardent notre minibus, en nous remerciant du regard pour ce qu’ils imaginent pouvoir faire avec.

Nous emmènerons un groupe de grandes adolescentes travailler la journée aux champs. à un autre moment, le père Nicolæ nous proposera d’amener un groupe près de Constanza, au bord de la mer ; la paroisse du père Ioan, de Fagaras, y possède une maisonnée, qui peut accueillir des familles et des enfants, certes dans un confort sommaire, mais qui permet « des vacances »…

Le linge est vite déchargé, et nous allons passer une semaine de découverte, ponctuée par des visites de monastères, et des réceptions diverses ; impossible d’échapper à l’hospitalité de nos hôtes ! Nous ne prendrons presque jamais un repas au même endroit, et tous déploient des trésors d’ingéniosité pour être à nos petits soins.

Nous visitons toutes les églises du village, comme ici celle-ci en construction sur un terrain que le père veut aménager pour accueillir les séjours de jeunes. Une autre est en train d’être fresquée par un groupe de jeunes iconographes, étudiants à la faculté de théologie de Sibiu…

Il y a une dizaine d’églises dans le village de Valea Plopului ! dont celle construite par Sébastien et Véronique, nos amis de Sainte-Croix, en action de grâce ! Et tout ce que nous découvrons est de la même veine…

Nous sommes silencieux devant la détermination du père Nicolæ et de ceux qui s’activent avec lui. Et son grand rire qui ponctue toutes nos relations avec lui… « je veux que vous soyez heureux ! ». Et c’est vrai que nous le sommes, de voir ce que nous voyons…

Notre séjour culminera avec la liturgie dimanche matin au village. L’église est pleine, les habitants du village se pressent, les plus vieux ont des chaises et sont tout devant, présent avec attention. Les enfants sont nombreux, dans l’église et au service dans le sanctuaire, nous égrenons les dyptiques ; c’est la fête de Sainte Marie-Madeleine.

C’est un chœur d’hommes qui chante, avec vigueur. Le diacre entonne le chant, et nous nous croyons à la cathédrale patriarcale. Le chant est beau, simple et vrai. Au fur et à mesure, nous avons le sentiment de comprendre la langue, tout s’enchaîne, profondément. Le père me demande de dire un mot à la fin de la liturgie, et je sens qu’en place d’avoir les regards tournés vers l’occident, tous doivent garder profondément confiance dans leurs richesses… combien nous avons à apprendre de nos frères roumains… Je rêve d’un jumelage de notre paroisse avec celle de Valéa Plopului.

Le temps du départ approche, et les adieux se multiplient. Nous pensons déjà à la suite, car au fond de nous, nous savons que suite, il y aura. Déjà Elise, la fille d’une de nos paroissiennes, a le projet de passer un temps dans un orphelinat, et Monseigneur Joseph lui a parlé de Valea Plopului.

De retour en France, la vie reprend son cours, mais nous gardons au fond de notre cœur la mémoire de ce que nous avons vu et vécu, de ce qu’il est possible de faire et de vivre au service des enfants et de ceux qui en ont besoin, pour le Seigneur ! Bénis père Nicolæ !

Père Paul

Noël à Valea Screzi (S’crazy ?)

Départ le 20 décembre vers 4 h du matin, rude…puis avion, puis attente à Munich, puis re-avion, puis re-attente à Bucarest, le retard est une marque de fabrique roumaine… puis, deux heures de minibus, puis arrivée à Valea Screzi de nuit, on y voit rien, il fait très froid.

Nous retrouvons Elise en pleine forme, ou plutôt devrions nous dire, Elisa, 25 ans, roumaine, née à Valeni de Munte, vivant parmi les siens.

Elle nous présente les (ses ?) enfants tout de suite, une partie de carte des sept familles OUI OUI (prononcer ouy-ouy) s’engage rapidement, le premier lien est établi. Nous retournons à la maison des volontaires, dirigée par Mélanie et Mihai (un des fils de père Nicolae), pour nous y installer et nous comprenons vite que la plupart de nos colocataires sont des chiens, confortablement installés dans la cuisine, nous en dénombrons neuf. Nous constatons vite qu’il n’y a pas d’eau, et nous cristallisons mentalement le souvenir de notre dernière douche. Suivent ensuite le dîner avec les autres volontaires, la papote des retrouvailles, et enfin, une bonne nuit de sommeil.

Dès le lendemain, nous partageons notre temps entre la luge, « ouy-ouy » (Oui Oui), les batailles de boules de neige, quelques foot endiablés…Nous devons aussi répartir les cadeaux que l’on a amené de France, les accorder à ceux d’Elisa, aider Mélanie à fabriquer des cartes de vœux pour les enfants…le tout sur fond musical de colinde (chants traditionnels de Noël roumains).

Nous allons régulièrement voir les « Mic », autrement dit, les plus petits enfants (de 5 mois à 5 ans environ). Là, on les voit chanter en français, Sur le pont d’Avignon, Ainsi font font font les petites marionnettes…Quelle surprise, Elisa a bien bossé ! Alors on se greffe dans les tours de chant et on y introduit « A la salade je suis malade, au cèleri…je suis guéri ! » Quel succès !

Les jours passent vite même s’ils sont très remplis. Arrive enfin le jour tant attendu de Noël.

Nous demandons le programme un peu partout, mais ne glanons que très peu d’informations (encore la preuve que nous séjournons en Roumanie), à part celle-ci, dont tout le monde parait certain : la lithurgie commence à quatre heures du matin. Soit, nous ne demanderons pas pourquoi, c’est ainsi.

L’office est célébré par Père Nicolae à Valea Plopului, nous restons avec les enfants à l’étage. Tous communient, certains chantent des colindes jusqu’à épuisement. Nous allons ensuite petit-déjeuner dans la salle paroissiale avec les gens du village, puis nous rentrons à l’orphelinat, pour préparer le repas du soir, laissé aux soins de la maison des volontaires.

Notre mission est claire : éplucher cent patates ! Ceci étant fait, nous passons « à la table » dans le réfectoire, avec Père Nicolae et les enfants, pour un repas festif, sur fond musical de colinde (déjà entendu ?).


Le dessert est servi à la Casa Tirol (maison des volontaires), Tamar, une volontaire américaine a préparé un chocolat chaud avec des chamallows, le sapin choit (il l’a vraiment fait !) sous le poids des cadeaux, la distribution commence enfin. Les enfants ont l’air ravi, Elisa avait essayé de personnaliser les cadeaux, le résultat est probant. Les jours suivants furent plus calmes, la date du retour approchant, nous avons dû aller à Bucarest histoire de saluer quelques amis et de… prendre une douche !

Le ton est à l’humour, mais ce voyage nous a remuées en profondeur. Chacun des enfants a été une vraie rencontre, difficile à raconter. Ils ont du grandir très vite et apprendre à être seuls responsables d’eux-mêmes. Ce qui est important, c’est de voir qu’ils restent des enfants avant tout, qu’ils rient, qu’ils pleurent, qu’ils jouent, qu’ils aiment, qu’ils vivent. Chacun d’eux à un « truc », une personnalité déjà bien définie, une histoire propre et dégage quelque chose de particulier.

Chacun d’eux a laissé une trace en nous et nous espérons pouvoir monter un projet dans leur intérêt, par exemple un système de parrainage entre la France et l’orphelinat, ou l’organisation d’un échange de jeunes pour un camp d’été…Les projets devraient prendre forme avec le retour d’Elisa.

Amélie et Amélie


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PROVITA ASSOCIATION BOTH FOR BORN AND UNBORN CHILDREN

    This Romanian village V.P. situated at 16 km from V.M. represents the place where something really special takes place – here Provita Association develops its activity for born and unborn children.
    Provita Association’s activities are supported by kind and large hearted people from Valea Plopului and Valea Screzii – villages situated in Pozesti, Prahova district.
    Provita’s main aine is promoting efficient measures regarding the protection of born and unborn children, not taking into account their religious, national or race belonging. The Association offers a new perspective of life both to the children who are orphans, abandoned or not wanted in their families and to those mothers who gave up to the idea of heaving an abortion and decided to keep their children though not heaving the possibility of breeding them.
    Provita Association for born and unborn children was founded in 1994 at the initiative of Father Nicolae Tanase and his wife Maria according to their principes regarding the fight against abortion thot they had already had in the activity of “Saving Life”, mouvement which promoted concepts similar to the ones of the Orthodox Church.
   The Association was based in order to create a structure and to give a legal form tho the activity of saving a child from his material disappearance, in order to have huie psychically and morally recovered, these actions being pointed to the isolated, rejected children.
   The total number of assisted people is around 208, i.e : children – result of nonabortion being let to be taken of by the Association on very strict confidential conditions for a longer or a shorter time; children abandoned in hospitals, suffering of deficiencies heaving the possibility of recovering by placements in families; recovered street children or during the recovering; young people driven away from after being 18, heaving the possibility of being resocialized by involving them in different working activities; prynant women or mothers driven away from their family who are sheltered and protected until the solving of their problems.
    The association also provides protection and material support for the children from the neighboured or from the country who have material problems, i.e offering them hot meals daily or involving them in free annual camp, that being possible because of the villagers help as well as other parishes’ help from the country according to the orthodox christian spirit and to the Romanian tradition.
    According to the concrete realities that the Association has confronted, there have been adopted more possibilities for solving the different situations regarding the stated conceps namely:
    - Breeding the children in other families according to a mutual agrement. This method continues an old tradition of the Romanian people. Therfore ther ore 19 families in V.P and V.S. where are breeded 57 children.
    These families offer these chidren a bot of love and affection, considering them as their own.

    Nedeloiu family who is taken care of 8 children is the very symbol of loving the one who is near you, of faith and of the desire to do better for the unfavourized, Filoftea Nedeloiu “mami Sita”, as everybody knows her, being very kind, large hearted and very affectionate, succeded in being a mother for the 8 orphans that she breeded up suice they were of 5 days.
    She has been and still is more than a mother for theme.

    - Continuing the educational process for 30 girls and 4 boys coming from orphenages who at the age of 18 have been left in the streets.
    For the children it is tried that analysing their skills and responsabilities to have them directed towards different activities such as:
    - painting on glass
    - carpentary, including wood sculpture
    - sewing
    - house keeping activities including raising animals, working in the fields, bakery;
    - protecting the mothers who decided not to have an abortion and are driven away from their family, not heaving where to live until their problems are solved. At this moment the Association has 10 mothers with their babies, as well as 17 abandoned children.
    - appearance of school children in Provita. At this moment, there are 21 schoolchildren living in the buildings from Valea Screzii, to this mumber being added the children from V.P and V.S., who are taken care of in the families from the villages.
    - Help accorded to the families confronting material and social problems from the whole country. At this moment the Association offers help to 57 people.

    In order to improve the conditions offered to all those protected there are developed a series of activity such as:
    - enlarging the school building from V.S.
    - continuing the work of the social-christian establishment from V.S. whide will finally consist of 10 habitations both for children and mothers with children, nursery, school, medical nuit (that has been recently inaugurated) and a workshops-school.
    - Completing the works at the annexes next to the church from V.P.
   - Water supply and drainage to the establishment from V.P.

    The structure of the organization has been changed from its beginning according to the growing mumber of assistance requests; main personnel ( general manager, engineer T.S., and the personnel of social assistance, kitchen, nursing, administration so forth).     This personnel is completed with the over 18 years old girls driven away from orphanages, who already have breeding housekeeping skills as well as by the big mumber of volounteers acting both in the village and aut the village in order to provide donation, to mediate and to organise social activities:
    The Association disposes of a material basic consisting of lands, some built houses, some village houses heaving been taken in ownership while some others are rented for reasonable sums.
    The Association also disposes of fourniture for bedrooms, kitchens, toillets and bathrooms, as well as of a carpentary workshop (minimal… being result of own production), a painting and sculpture workshop for the church benefit. In this material basis there are also included two peasant ovens and an electricol one, a small farm and two used cars procedering from donations.
    The permanent financial resources are provided by the Association’s own efforts – that being: selling some religious objects produced by the young girls who have been recovered from orphanges but also by some donors heaving a permanent contribution according to their possibilities.
    The other financial resources are occasional being a result of a fundraising activity which is led by the president of the Association Pr T.N. and other volunteers.
    Data about Provita Association for born and unborn children Provita Association is a non- governmental and non-profit organization heaving been founded according to n °1/20 January 1994 civil decision stated by Valenii de Munte Court. The Association’s activity is approved by Work and Social Protection Ministery according to n°1625.
    The Association is also authorized by the Council of Prahova District. Namely – Child Protection committee according to decision 1027.

PRO VITA for Born and Unborn Association


N. Iorga Street, no. 72, Vãlenii de Munte, Jud. Prahova, Romania Phone 0040244 421 208 fax. 0024044 280695; 0040723 597 433; 0040746 014 605 e-mail: rizanesti@gmail.com




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BILANS FINANCIERS


- Juin 2004 à Juin 2005 -

 

Solde :

7 756 €

ENTREES Dons et cotisations

11 732 € + 100 $ US

  Vente artisanat

150 €

 

Total :

11 882 € + 100 $ US

SORTIES Dons à PRO VITA

17 510 € + 100 $ US

  Fonctionnement : poste, secrétariat, photocopies

638 €

 

Total :

18 148 € + 100 $ US

 

Solde :

1 490 €


- Juin 2005 à Juin 2006 -

 

Solde :

1 490 €

ENTREES Dons et cotisations

10 010 €

SORTIES Dons à PRO VITA

7 200 €

  Cotisation Association Saint-Côme

12 €

  Frais MINI BUS : réparations, carte grise, assurance, voyage

2549 €

  Fonctionnement : poste, secrétariat, photocopies, frais pour virements

820 €

  Participation voyage

517 €

 

Total :

11 098 €

 

Solde :

402 €




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